Poster une note quatre ans après la précédente (décembre 2006), voilà le signe d'une intense activité pour un blog !
De fait ce silence était lié à une période ardue de travail. Je ne veux pas dire que blogger relève de l'oisiveté...! Mais il est certain que ces quatre ans de responsabilité de direction du Très Grand Equipement ADONIS (Accès unifié aux données et documents numériques des sciences humaines et sociales) au CNRS et dans l'univers de la recheche et de l'enseignement supérieur ne m'ont pas laissés de disponiblité pour entretenir ce blog.
Pour autant, (la parenthèse CNRS étant en passe de se terminer), le temps et l'activité consacrés dans ce projet ADONIS ne sont pas déconnectés des intérêts de ce blog. ADONIS a foncièrement une activité d'optimisation des connaissances (données et documents) des sciences humaines et sociales. Certains se réfèrent à la notion d'"Humanités numériques" ( Digital humanities, on y reviendra). Et la question des virtualités et potentialités ouvertes par l'interopérabilité et la mutualisation des connaissances dans l'ère numérique devrait être centrale. On verra aussi qu'il n'en a pas vraiment été ainsi...
Pour l'heure, limitons nous à indiquer que la principale réalisation du TGE ADONIS, préparée durant ces quatre ans par toute l'équipe que je dirigeais, sera la plateforme ISIDORE ( pour Intégration de Service et Interconnexion de DOnnées et documents de la Recherche et de l'Enseignement), qui sera livrée en décembre 2010 sur le web (Cf. http://www.tge-adonis.fr).
Pourquoi parler d'ISIDORE, en gestation dans cette parenthèse de 4 ans ?
Parce qu'ISIDORE permettra de mobiliser en RDF (Ressource Description Framework) les données des SHS et sera ainsi une première tentative de grande ampleur du Web Sémantique. En ce sens, ISIDORE est un des aboutissements des pistes lancées dans: « Vérité et fiction sur Internet », in Les défis de l’édition numérique Publié en 2004 aux Presses de l’ENSSIB. Voir à ce sujet le post sur le Web de données, (http://www.tge-adonis.fr/?Les-nouvelles-frontieres ), repris dans ce blog.
Parce qu'aussi, ma conviction est que cette plateforme ne se développera réellement, non seulement parce qu'en amont de plus en plus de données et documents seront moissonnés et indexés par ISIDORE, mais surtout à condition qu'"en aval"de plus en plus d'utilisateurs soient mobilisés pour développer de nouveaux services à partir de cette plateforme de recherche d'informations. Prenons donc date.
Pour ce 21 novembre 2010, quatre ans après, cela suffit pour marquer un retour dans le débat numérique.
Si, tout de même, dans ces quatre ans, un évènement majeur. La disparition de Claude Lévi-Strauss, qui écrivait en 1991 : (le Monde du 8 octobre 1991) : " Les "sciences humaines" ne sont des sciences que par une flatteuse imposture. Elles se heurtent à une limite infranchissable, car les réalités qu'elles aspirent à connaître sont du même ordre de complexité que les moyens intellectuels qu'elles mettent en oeuvre. De ce fait, elles sont et seront toujours incapables de maîtriser leur objet".
A méditer...! Surtout pour ceux qui s'engagent dans la réalisation d'infrastructure numérique pour les sciences humaines....
Last but not least : faites moi penser à faire un post sur "La Disparition de Majorana" (Leonardo Sciascia, La Quinzaine littéraire , 1975) et "La Deuxième disparition de Majorana" ( Jordi Bonnells, paru en septembre 2004 chez Liana Levi).
Enre autres...
imageIsidore de Séville BNF http://classes.bnf.fr/DOSSITSM/gc62-8.htm " Etymologiae sive origines", vers 636.
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